Les milices bourgeoises

                 Depuis le Moyen-Age, les villes ont obtenu des chartes, qui leur octroient des libertés et des franchises, mais leur imposent aussi des devoirs. La garde et la surveillance de la cité doivent être assurées par des compagnies bourgeoises d'arbalétriers, d'archers, d'escrimeurs et de canonniers.

               Tous les bourgeois de la ville, inscrits au registre de la bourgeoisie, doivent donc participer à la défense des murs. Pour que la garde soit efficace, il faut un entraînement régulier. Aussi les compagnies bourgeoises entretiennent-elles leurs membres par des exercices réguliers et des concours.

             Le tir à l'oiseau est l'un des plus prisés. Les archers ou arbalétriers se réunissent autour d'un papegay placé au sommet d'une perche. Sur cette perche sont accrochés des oiseaux en bois, le plus haut placé étant le plus recherché. Celui qui le décroche est déclaré vainqueur.

             Les compagnies bourgeoises développent une sociabilité choisie autour de leurs activités : régulièrement, les jurons, les conflits et les heurts sont dénoncés comme contraires aux règles qui doivent s'imposer aux compagnons. Un banquet réunit tous les ans tous les membres d'une compagnie, à l'issue d'une cérémonie religieuse en l'honneur du saint tutélaire : saint Sébastien, saint Michel ...  Les membres d'une compagnie sont aussi solidaires dans la mort et doivent participer financièrement aux obsèques et assister aux funérailles de leurs disparus.

           De nombreuses villes ont maintenu une compagnie parfois dirigée par un capitaine du pignon ou prince d'amour, dont le but, outre les manifestations folkloriques, est d'assurer une sorte de préparation militaire avant l'entrée dans les compagnies bourgeoises

 

A Concarneau...

           Dès le haut Moyen-Age, les hommes du pays s'entraînaient régulièrement au tir à l'arc. Plus tard ce sera l'arbalète puis l'arquebuse, le mousquet. Déjà en 1451, le duc de Bretagne les avait dispensés de plusieurs impôts en récompense des services rendus " à l'occasion des guerres qui ont si longtemps duré ..."

         Cent ans plus tard, Henri II accordait à la ville le droit de Papegaut. Un oiseau de bois fixé au bout d'une perche sur l'un des arbres du Petit-Château, en Ville-Close, devait être abattu sans qu'il en reste trace sur le support. Le vainqueur était porté en triomphe mais surtout pouvait vendre, sans payer de droit, cent barriques de vin ! Une petite fortune que l'heureux gagnant se dépêchait de revendre à un cabaretier de la ville en échange d'une bourse bien garnie. 

       Les concurrents étaient donc nombreux et les résultats devaient être constatés par des hommes de loi pour éviter tout litige. 

       Un jour les juges furent bien ennuyés : impossible de retrouver la cible abattue. Le prétendant à la couronne dut jurer ... Il fallut faire appel à témoins qui assurèrent y avoir vu le papegaut voler par-dessus les remparts et disparaître dans la mer. On put donc désigner le vainqueur ...

 

accueil